Les 5 actualités qui ont marqué la semaine du 3 au 9 mars 2019

Comme chaque dimanche, NVP vous sélectionne 5 actualités qui ont marqué la semaine.

Crise de l’électricité au Venezuela

© AFP / Matias DELACROIX

Enième retournement dans la crise politique au Venezuela, une coupure d’électricité déclenchée le vendredi 8 mars et toujours en cours plonge le pays dans le chaos. Les conséquences à cette crise sont multiples : écoles fermées, journées sans travail, hôpitaux à l’arrêt. Les deux camps opposés dans la crise politique qui secoue le pays depuis des mois se renvoient la responsabilité : le président élu Nicolas Maduro a déclaré dans un tweet que la coupure était à imputer aux États-Unis qui l’appellent depuis des mois à quitter le pouvoir, et plus spécifiquement à une opération secrète de la CIA ayant pour but de déstabiliser le pouvoir en place. De son côté, Juan Guaidó a accusé via une vidéo de propagande le président Maduro d’être responsable de l’aggravation de la situation sur place. La cause de la panne n’a pas encore été découverte et les informations arrivent au compte goutte en raison de l’impossibilité d’utiliser internet. En marge des problèmes d’infrastructure, la situation politique s’envenime et les affrontements entre partisans des deux hommes politiques dans les rues se multiplient, causant la mort de plusieurs personnes. Les États-Unis continuent de faire pression pour permettre le passage d’une aide humanitaire qui est bloquée à la frontière colombienne par les autorités Vénézuéliennes. Sur la scène internationale continuent de s’opposer les partisans de Maduro – parmi lesquels la Russie – et les autres soutenant le président par intérim autoproclamé dirigés par les États-Unis. La France a elle appelé par le biais d’Emmanuel Macron à la tenue d’élections démocratiques pour solutionner la paralysie du pays. Il est bon de rappeler, afin de prendre toute la mesure des intérêts géo-économiques dans la région, que le Venezuela possède la plus grande réserve de pétrole du monde, atout que le pays utilise dans le cadre de relations bilatérales avec la Russie et des pays d’Amérique du Sud. Si sa gouvernance venait à changer, il s’agirait d’un tournant majeur dans la politique internationale.

L’ONU demande une enquête sur les manifestations des gilets jaunes

© AFP / Fabrice COFFRINI

Ce mercredi, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Michelle Bachelet a demandé une “enquête approfondie” à la France sur les violences policières produites pendant les manifestations des gilets jaunes. Devant le Conseil des Droits de l’homme à Genève, elle demande au gouvernement français de “poursuivre le dialogue” et réclame une enquête sur “tous les cas rapportés d’usage excessif de la force”. Dans le même discours, elle dénonce les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe, au Venezuela ou encore en Haïti. Cette déclaration de la Haut-Commissaire survient après que des avocats de gilets jaunes aient saisi le rapporteur spécial des Nations Unies à propos des droits de leurs clients à manifester, et ont notamment parlé de l’utilisation du LBD (lanceur de balles de défense) qui a fait de nombreux blessés et plusieurs infirmités. Le discours insiste sur le fait que “les inégalités touchent tous les pays” et que “même dans des États prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux”, citant alors la France. Plusieurs membres du gouvernement expriment leur étonnement de voir la France sur la même liste qu’Haïti et le Venezuela. Christophe Castaner tweete : “La France citée par Michelle Bachelet entre Haïti (41 morts) et le Venezuela (où N. Maduro refuse l’aide humanitaire à son peuple), est-ce bien raisonnable ?”, et le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a déclaré qu’il fallait “s’étonner” de voir la France citée “sur une liste entre le Venezuela et Haïti”, “où il y a eu des morts”, rappelant que la France a toujours diligemment respecté les recommandations de l’ONU. Christophe Castaner précise que des enquêtes sont déjà en cours. En réaction aux déclarations de la Haut-Commissaire, le maire de Phalsbourg en Moselle, en Lorraine, a interdit l’usage du LBD pour l’acte 17 des gilets jaunes ce samedi 9 mars en signant un arrêté.

La lutte contre la précarité menstruelle prend de l’ampleur

© lesglorieuses.fr


En ce début de semaine, la newsletter Les Glorieuses dévoile les résultats d’un sondage sur les protections hygiéniques. Ce sondage, réalisé sur 1653 collégien.nes et lycéen.nes français.es agé.e.s de 12 à 19 ans, révèle que la précarité menstruelle est bien une réalité. 97% des sondé.e.s estiment que les protections hygiéniques sont trop chères. Selon une enquête du magazine 60 millions de consommateurs, les règles coûtent en moyenne 24,6 euros par an pour une personne (un paquet de 20 tampons par mois coûtant 2,05 euros, le tout multiplié par 12, le nombre de cycles). Ce chiffre ne prend pas en compte les coûts anti-douleurs, les possibles sous-vêtements à racheter, ou l’achat de protections supplémentaires pour les personnes ayant des règles abondantes. Les protections hygiéniques ne sont pas remboursées par la sécurité sociale aujourd’hui en France. Elles représentent un coût conséquent, plus particulièrement pour les personnes en situation de précarité. De plus, le sondage des Glorieuses nous apprend que 88% des sondé.es se sont déjà retrouvés en pénurie de protections périodiques à l’école, et 67,5% ne sont pas suffisamment à l’aise avec le personnel encadrant et éducatif pour demander de l’aide en cas d’oubli ou de pénurie de protection. De nombreuses pétitions ont déjà vu le jour pour rendre les protections hygiéniques remboursées, et disponibles à l’école. C’est déjà le cas en Ecosse où les protections ont été mises à disposition gratuitement dans les écoles. En réaction au mouvement contre la précarité menstruelle, Alexandra Cordebard, la maire du 10e arrondissement de Paris a déclaré qu’elle souhaite fournir gratuitement à toutes les jeunes filles des six collèges publics de sa zone géographique des protections hygiéniques bio, à partir de la rentrée prochaine au plus tard. Les jeunes filles auraient la possibilité de choisir entre serviettes hygiéniques et tampons. « L’idée est de mettre en place un distributeur au collège, de préférence pas au milieu de la cour mais plutôt dans un coin où les jeunes filles se sentent en confiance », déclare la maire. Un projet de sensibilisation va également être mis en place pour que les menstruations ne soient plus honteuses pour les jeunes élèves.

Carlos Ghosn sort de prison déguisé en ouvrier

© AFP

Arrêté au Japon pour fraude le 19 novembre dernier et depuis retenu en détention dans des conditions strictes, l’ex-président de l’alliance automobile Renault-Nissan a été libéré sous caution le 6 mars dernier. Sa sortie a été organisée par son avocat de façon… originale. Ainsi, pour assurer sa discrétion, l’homme d’affaire s’est déguisé en ouvrier (cf photographie au-dessus). Le subterfuge n’a pas duré longtemps et depuis, l’avocat de Carlos Ghosn et lui-même sont la risée des réseaux sociaux nippons, à un tel point que l’avocat Tashaki Takano a du présenter ses excuses sur son blog. Désormais, le millionnaire français pourra préparer sa défense depuis sa résidence surveillée avec une équipe d’avocats renouvelée et sans accès à ses avoirs au Japon.

un patient atteint du VIH en rémission durable

Wikipedia

Ce mardi 5 mars 2019, un article publié par des chercheurs dans la revue Nature titre: “Une rémission du VIH-1 après une transplantation de cellules souches hématopoïétiques CCR5 delta 32“.  Il y a dix ans déjà, un premier cas de rémission durable du VIH avait été confirmé. Ce dernier, le “patient de Berlin”, présente les mêmes caractéristiques que le nouveau guéri. Un homme présenté comme « le patient de Londres » n’a pas montré de signe d’être atteint du virus VIH-1 depuis près de 19 mois alors qu’il a interrompu son traitement, ont rapporté les chercheurs.

Le VIH est le virus à l’origine du sida. Il infecte les globules blancs, cellules du système immunitaire, et affaiblit ainsi les défenses de l’organisme. À un stade avancé, le patient est plus susceptible de développer des infections et des cancers. Des traitements existent pour maîtriser les infections, mais aucun remède ou vaccin n’existe aujourd’hui.

Les deux patients déclarés comme “guéris” ont tout les deux subi des transplantations de moelle osseuse alors qu’ils avaient un cancer du sang. Dans les deux cas, les donneurs ont transmis des cellules souches ayant une mutation génétique rare qui empêche le VIH de s’installer sur les cellules sanguines. Cette mutation du gène CCR5, appelée CCR5 delta 32, concerne les cellules souches hématopoïétiques qui sont capables de régénérer des cellules sanguines, et notamment des globules blancs. Le CCR5 étant un récepteur du VIH, quand cette protéine est mutée, elle empêche l’entrée du virus dans la cellule. Cependant, ce traitement semble difficilement généralisable à l’ensemble des malades, car une greffe de moelle osseuse est un traitement très lourd et dangereux. Mais cette avancée majeure offre espoir et informations aux scientifiques qui cherchent encore des traitements pour venir à bout de la maladie. De nouvelles stratégies de traitement peuvent être imaginées, comme par exemple avec des thérapies géniques (modifier directement les gènes des patients).

Célia Consolini, Yun-Ithry Gamrani

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